Si on te dit "porno-chic", tu réponds quoi ?
Aujourd’hui, tous les photographes veulent ajouter une touche de porno dans leur travail, pour faire bien ! Ce n’est pas mon cas. Moi, je le fais uniquement parce que j’aime travailler avec des filles sans tabou....
Quelles sortes de filles ?
Je ne vais pas taper sur les filles de la mode. Mais, bon, je les évite comme modèle ! Les mannequins c’est très gnangnan. Ca se change avec les portes fermées, ça se cache. C’est saoulant. Moi, je préfère les filles qui travaillent dans le charme : elles n’ont pas de problème avec leur physique. Elles ne sont pas tout le temps en train de penser " zut, j’ai pris cent grammes ". Elles n’attendent pas qu’on leur dise " Chérie, tu es sublime ". On gagne un temps fou. C’est pas le cirque dès qu’on voit un nombril. En plus, le déshabillage les rend très humbles et faciles à travailler. Ca les rend moins orgueilleuses.
C’est quoi le glamour ?
C’est les pin-ups de Vargas, c’est Carla Bruni, c’est autre chose que les grandes blondes frigides.
Le cul, tu es tombé dedans petit ?
J’avais une nounou dans les années 60 qui portait des cuissardes et des mini jupes. Forcément, ça influence ! Elle dessinait des nus dans un atelier des beaux- arts et s’inspirait des magazines de charme. Alors, moi, je les regardais. Mes lectures, dès 7-8 ans : Playboy et Lui de la grande époque…
La photo sexy, c’est venu naturellement ?
J’ai commencé à faire de la photo de spectacle dès 19 ans, quand on allait au Palace à la fin des années 70. Je suis de la génération Pierre et Gilles, Mugler, Blondie, Nina Hagen, Jean-Paul Gaultier : après la libération sexuelle de 68 et la pilule. Ca été une période de liberté, une période faste en cul ! …avant que le sida ne cadenasse tout.
Quelle est la créature la plus démente que tu ais jamais photographié ?
Toutes mes créatures sont démentes ! Mais Amanda Lear a sûrement la palme… A l’époque, son mari parlait d’elle au masculin : " Quand il est pas content, il est comme ça " et Amanda se retournait pour lui donner des coups de pied, parce qu’elle déteste qu’on lui rappelle cette blague de Salvador Dali ! Lolo Ferrari a aussi ses tocs, ce fut très intéressant. Pour moi, cette fille a été manipulée. Elle n’était pas si folle. Elle était capable de pleurer si elle ne se trouvait pas bien sur un polaroïd. Son mari la maintenait dans sa fragilité à coup de Tranxène et de calmants…
Pourquoi tes modèles ressemblent-elles à des drag-queens ?
Les faux cils et les strass me paraissent indispensables en cette période de manque de gaîté…
Tu imagines un scénario de cul avant les séances photo ?
Je mets en place un décor, je définis un stylisme et je projette les filles dans un contexte inhabituel, celui du fétichisme. Elles font une histoire dans leur tête. Après, je n’ai plus qu’à shooter. Elles se laissent aller.
Où trouves-tu toutes les tenues délirantes et les accessoires érotiques de tes modèles ?
Dans les boutiques Phylea à Paris, Minuit à Bruxelles et Absolute Danny à Amsterdam… Ce sont les boutiques leaders du fétichisme dans le monde. Et elles m’ont toujours fait confiance : je rentre, je me sers et je repars. En échange je leur fais de la pub.
Pour toi le fétichisme, c’est : corsets, talons hauts, jarretelles ?
Non, non. Tout est fétichisme ! Un stylo porte-bonheur, une bagnole, un gri-gri… Mais c’est quand c’est sexuel que ça devient le plus amusant.
Pourquoi es-tu devenu réalisateur de film X ?
J’ai rencontré Max Alestchenkoff, le directeur de Colmax. Il m’a dit : " Je te donne tant, tu fais ce que tu veux ". J’avais déjà fait de la vidéo de charme pour M6. Alors j’ai accepté pour le fun. Mon troisième film - Amazonesex - sort en avril.
C’est quel style de porno ?
Dans mes vidéos, la femme n’est pas un objet à remplir. C’est une dominatrice, comme dans mes photos. Je réalise mes films pour les femmes et pas uniquement pour les mecs. Je ne pense pas comme un hétéro de base, mais comme un homme à la lisière de l’homo et de l’hétéro (ce que je suis).
T’est-il arrivé de tomber sur des filles aussi impossibles, dangereuses ou hystérique que celles que -tu mets en scène dans tes fantasmes ?
Oui, mais ce sont les meilleures… on ne s’ennuie jamais.
Essayes-tu de défendre l’image "Elégante et raffinée" de la french-touch ?
Absolument…
La nudité, pour toi, c’est quoi ?
Moins on la voit, plus on en a envie…
Le sexe, ça t’intéresse dans quelles conditions ?
Du moment que ça reste classe et de bon goût…
[1] Le plan Northwoods, monté en 1961 par des militaires anti-communistes américains, visait à justifier une intervention au Cuba par des attaques sur des cibles civiles américaines. Ces attaques allaient ensuite été attribuées aux Cubains.
[2] Codes d’identification et de transmission de la présidence, cités selon Meyssan et le New York Times par les assaillants pour avertir le Secret Service américain d’une attaque sur la Maison Blanche et Air Force One.





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