La mesure politique la plus urgente à prendre n'est pas la taxe Tobin. Non. Il faudrait avant tout ramener les bonnes meufs dans le mouvement social. Parce que, entre nous, à Seattle ou à Calais, ça manquait de petits culs sexy, de bibitches façon Kylie Minogue. Pas de révolution sans minettes. Prenez Mai 68, merveilleux moment où les manifestations regorgeaient de jeunes filles car c'est là qu'il fallait être. Souvenez-vous de cette égérie brandissant… STOP ! ARRETEZ !

Bondage capitaliste

Sale porc sexiste !, me crie-t-on. Votre notion de "bonnes meufs" pue la domination masculine à plein nez ! Comment pouvez-vous désirer la révolution et continuer à fantasmer sur une femme-objet, reflet de l'exploitation capitaliste ? Merde, c'est vrai. Je suis con. Mais voilà, c'est mon problème. Je fantasme sur les bourgeoises branchées, élégantes et glamour. Et vous avez raison, ce que j'aime, c'est qu'elles soient dominées. Talons perchés, corsages serrés, jupes moulantes, cheveux tirés, elle se retrouve comme ligotée, bondagée par ses vêtements.

Marchandise à baiser

Offerte comme un objet marchand dont on peut se saisir, tel le cruel patron. Ce qui m'excite, finalement, ce n'est pas son corps en soi, brut, nu, naturel, c'est la domination qu'exprime son apparence, domination à laquelle je suis moi-même soumis au travail, tous les jours, et dont je me venge à travers elle. Deleuze et Guattari l'ont bien compris dans "l'Anti-Œdipe" : on ne baise pas seulement un corps, on baise la bourgeoisie, l'histoire, les luttes de classe, trois cent ans d'oppression.

Domination soyeuse

C'est affreux, mais notre sexualité reflète l'exploitation en cours. Donc, plutôt que de ramener les bonnes meufs dans le mouvement social, il vaudrait mieux ramener le mouvement social dans ma tête. Si j'efface de mon esprit les schémas bourgeois, j'effacerai du même coup le terme même de "bonne meuf". Vivant en communauté, en fraternité, je ne serai plus excité par le spectacle soyeux de la domination. Une femme simple, belle, naturelle, me parlera. Par la grâce d'un pull shetland, je serai sauvé.