Quelle différence entre une actrice porno ordinaire et une vraie star du X ? Quel détail physique, quelle forme de bouche, quel trait de personnalité confère aux rares élues, cette aura de fascination qui les amène à transcender leur condition si peu glorieuse ? Si l’on n’y regarde bien, très peu de hardeuses auront su capturer l’imagination collective - au point de devenir des figures culturelles dignes de ce nom.

Double P

En 1972, Linda Lovelace interprète "Gorge profonde". et sombre aussitôt dans un oubli mémorable. A la fin des années 80, Traci Lords chavire la planète puis pointe au chômage par décision du FBI - pour cause de majorité légale. Le 11 Juillet 1994, Shannon Wilsey, alias Savanah, se tire une balle et laisse ses fans en pleins délires paranoïaques. A "Pornollywood", le destin se révèle souvent tragique pour les bimbos de la double P (double pénétration, ndlr).

Gogo-strip

Les grandes stars sont soit mortes, soit mères de familles, soit ruinées après une seconde carrière merdique dans le gogo-strip. Que reste-t-il ? Jeanna Jameson ! Sans conteste l’une des plus grandes stars du X, mais surtout la seule actrice à avoir pu se jouer du sort funeste qui accable ce milieu. Depuis ses débuts dans le X en 1995, à l’âge tendre de dix-neuf ans, la petite Jenna a provoqué des émois sans précédent dans le coeur des amateurs de vidéos pour adultes.

Heart Breaker

Son tatouage sur la fesse gauche, "heart breaker", témoigne du pouvoir de séduction dont elle se sait dotée, usant de tous ses charmes pour raffler dès l’année suivante les plus grosses récompenses en vigueur aux USA. Au sommet de sa carrière, avec un contrat exclusif et fort lucratif auprès de l’éditeur Wicked Video - et des sommes très généreuses glanées lors d’apparitions-éclair dans des clubs de strip-tease, Jenna décide de ne pas faire comme les autres.

La coqueluche

Là où toutes les actrices de X profitent de leur célébrité pour se consacrer à des films soft, une carrière foireuse dans la chanson ou des autobiographies calamiteuses, Jenna ose rester dans le hard. Elle ne tourne que deux ou trois films par an mais les produit elle-même. Elle dicte ses conditions... Rapidement, son nom dépasse le petit monde du X. Par un fait encore inexpliqué, elle devient voici deux ans la coqueluche de la branchitude U.S.

Désarmante

C’est désormais l’invitée de marque des soirées les plus "hype", le modèle de photographes de mode aussi considérables que Terry Richardson, haut dignitaire de la photo trash. Pourquoi elle ? Est-ce parce que Jenna n’a pas renié le X et continue plus que jamais à le pratiquer - au contraire de ses collègues ? Est-ce par son physique extrême de blonde à grosse bouche, gros seins et gros cul, d’une vulgarité si franche qu’elle en devient désarmante ?

Chez Wicked

Est-ce simplement parce qu’elle est en passe de devenir une icône, une figure multiple, véhiculant toutes les valeurs et les fantasmes qu’ont veut lui prêter ? Oui, un peu de tout cela. Jenna a véritablement acquis son statut de star lorsqu’elle signa chez Wicked en 1995 et que la compagnie l’a aussitôt dépêchée aux Hots D’Or de Cannes. Sa plastique et la sensualité presque parodique de son visage capturèrent aussitôt l’attention des journalistes sur le plateau de NPA.

Multi-millionaire

Une série d’apparitions chez l’animateur radio Howard Stern et un rôle dans son film "Private Parts". ont fini par imposer Jenna hors des contre-allées obscures des vidéoclubs et lui ont donné une célébrité nationale de sex-symbol non dénuée d’intelligence. Une intelligence que Jenna a utilisé à bon escient en gérant sa carrière avec un sens acéré du business qui a fait d’elle la seule porno star multimillionaire. Alors que ses collègues en sont encore à se faire payer quelques centaines de dollars la journée.

Kitsch et vulgaire

Un privilège qui ne manque pas de faire enrager les barons de l’industrie, tels les patrons de Vivid que Jenna a quitté pour signer chez Wicked. C’est donc cela le secret de Jenna. Au-delà de son physique de cartoon, qui fait d’elle l’emblême vivant de toute une esthétique kitsch et vulgaire. Au-delà de l’ardeur véritablement incandescente qu’elle met dans ses scènes hard ("je jouis presque à chaque fois que je tourne, affirme-t-elle, sinon, je m’ennuierais sur mes tournages") et de l’absence totale de pudeur dans sa personnalité à l’écran.

Pas honte

Au-delà même du fait qu’elle a réussi à tirer son épingle du jeu d’un business qui abuse de ses actrices avec une honteuse légèreté. Si Jenna renverse tous les codes, perturbe tout le monde, séduit la planète, invite les fantasmes et inspire les artistes, c’est parce qu’elle n’a pas honte de ce qu’elle est ni de ce qu’elle fait. Et parce que sous le maquillage odieux, elle a un sourire d’ange.