L’univers du X a bâti en grande partie sa légende sur un sens aigu de la parodie, sur une véritable esthétique du calembour pour parler comme dans les journaux où l’on réfléchit. Tout cela nous a donné des titres de films savoureux qu’on aime à se répéter dans le cadre oh combien enrichissant de l’entreprise ("Eh, t’as vu Autant en emporte le gland ?" "Ouais, mais j’ai pas aimé la fin. J’ai largement préféré les Tontons Tringleurs, et surtout, j’ai carrément bloqué sur les scènes d’action de Niqueurs né, le dernier opus de Fred Coppula. Ca tire vraiment dans tous les sens."). Cette folie du jeu de mot, loin de se cantonner aux titres de films, a également touché ceux qui tournent dedans. Les carrières dans le X étant généralement ultra-rapides, les acteurs se sont dit qu’il valait mieux, afin de se faire connaître avant l’âge de la retraite, emprunter leur nom à de grandes stars en l’amputant d’une ou deux voyelles (pour éviter les procès). Ce cannibalisme, qui voit les uns se nourrir de la notoriété des autres, a fait naître des créatures aussi incroyables que Béatrice Valle (la presque homonyme d’une certaine Béatrice Dalle), Lisa Crawford (rappellant une Cindy aujourd’hui oubliée), Karen Lancaume (comme l’eau de Cologne), Kate More ("Yes, Kate, More !"), Julia Channel ou bien encore Michael Knight, du nom du célèbre conducteur de K2000. Dans ce contexte où l’on déconne à pleins tubes, un palier a été franchi ces derniers temps au Moyen-Orient. Depuis peu, afin d’emmerder leurs voisins arabes, les israéliens produisent des films de cul avec des acteurs et actrices qui ne sont rien moins que des sosies des grandes stars du cinéma traditionnel égyptien (Yusra et Leila Alawi, ou encore Adel Iamam par exemple). Puis, ils font parvenir ces films chez leurs voisins (mais néanmoins amis), inaugurant là un prolongement inattendu de la guerre des Six jours.
En effet, aujourd’hui, l’opposition frontale n’est pas le moyen le plus efficace de dégommer son voisin. Dans un monde où les valeurs pseudo-humanistes se sont partout imposées, il vaut mieux, en bon stratège, mimer l’amour de son prochain et l’étouffer discrètement à force d’étreintes. La parodie fait partie de ces stratégies de destruction et d’humiliation que nous connaissons tous. Quel rapport avec le cinéma X dont nous parlions au départ de l’article ? Vu l’heure et la température, très honnêtement, je n’en sais rien. Toujours est-il que les stars égyptiennes victimes de ces pratiques font salement la gueule. Comme le révèle le journaliste Jack Boulware dans un article publié sur Salon.com, l’actrice Yusra Alawi a entrepris de faire retirer des circuits de distribution les copies des films dans lesquelles on voit apparaître son sosie. Pour conclure et afin de bien mesurer l’ampleur du traumatisme vécu par les égyptiens, imaginons tous en coeur que notre Bébel national se soit retrouvés ainsi roulé dans la farine dans un film intitulé " l’Ass des ass " où on le voit se faire sauvagement enculer par un berger allemand. Scandale !










Vos commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Vous aussi, déposez un commentaire, cliquez ici