Avouons-le : jouer les Joelle Mazart des rédactions de presse, ou assurer le suivi post-traumatique de tous les virés de la télé, n’est pas forcément notre vocation.
"L’affaire" Roger-Petit
Néanmoins, taraudés par un reste de conscience et d’éducation ramasse-miettes, le devenir de cet impertinent confrère - éjecté par notre involontaire concours du JT nocturne - ne pouvait nous laisser totalement indifférent. Car c’était bien en 1998, dans Technikart que le très disert larron - qui clôturait son journal en jetant ses notes en l’air de dépit - avait ouvert grand la bouche sur le service info de France 2, ainsi que sur quelques gredins de ses collègues ( Arlette Chabot, la nettoyeuse qui voulait sa peau, Benoit Duquesne, le "motodidacte" faussement baroudeur). Reprises dans Libération, ces vérités peu amènes devaient déclencher "l’affaire" Roger-Petit.
Case placard
Le franc parleur fut alors prié par Pierre-Henri Arnstam, ami personnel de longue date et directeur des programmes, de ramasser ses trombones et de passer illico à la case placard (celle où l’on gardait déjà depuis la guerre du golfe Rachid Arhab) . S’en suivirent de longs mois de guerrillas administratives - et d’arrêts maladies - au sein d’une rédaction à la recherche d’une ultime victime expiatoire, pour mieux masquer sa perte d’audience et de confiance face à la Une. "J’ai mis 3 à 4 mois à m’en remettre " avoue notre homme qui ira jusqu’à téléphoner à Pascale Clark, présentatrice de la revue de presse de France Inter, pour lui reprocher d’avoir aggravé sa situation professionnelle en répercutant l’info sur les ondes. " Finalement, je ne regrette rien. Sans tout ça, je serais sûrement resté au journal de la nuit". Et c’eût été dommage car la suite, si elle ne fût relatée nulle part, méritait probablement d’être vécu… Dès son éviction, le paria noctambule de France Télévision - son JT totalement halluciné faisait un carton dans la communauté gay - se voit courtisé par d’instinctifs producteurs, flairant le journaliste brut de décoffrage. Alain Degreff sur Canal Plus, Laurent Rouquier sur Inter - qui ira jusqu’à lui consacrer une émission de "Rien à Cirer" - et même Jean-Luc Delarue, l’homme du "Ca se discute-spécial-sourds", qui lui propose immédiatement un contrat en bakélite.
Pourquoi Delarue ?
Les choses du Paf étant ce qu’elles sont, BRP ne fera rien pour la chaîne cryptée, mais rejoindra cet univers de types sympathiques qui mettent les pieds sur la table 12h par jour en se curant le nez, et qu’on appelle une jeune société de production. "Jean-Luc m’a contacté moins de 24 heures après que j’ai été viré. Apparemment, il avait un œil sur moi depuis pas mal de temps.". Pourquoi Delarue ? Pourquoi Réservoir Prod et ses émissions de société en série avec options ? Roger-Petit monte au créneau. Sa moue débonnaire semble se crisper, signifier quelque chose comme pas touche au patron : "C’est fou ce qu’on peut dire sur Jean-Luc Delarue. Les gens ne comprennent pas comment je peux travailler avec lui et l’apprécier autant. (…) c’est un grand professionnel. Entre nous ça c’est tout de suite très bien passé ". "Respect, fidélité, confiance ", ajoute l’ ex-insubordonné frondeur du service public, qui nie toute consommation de produits dopants chez son nouvel employeur. Nous n’en saurons hélas pas beaucoup plus. Bruno Roger-Petit semble avoir lié une amitié indéfectible avec l’hommes des patates volées. Il présente aujourd’hui "Ca me regarde", une émission sociale et jeune sur la 5è. Autant dire nulle part et pour personne. Mais l’ancien présentateur anonyme de la nuit coule désormais des jours heureux Porte de St Cloud. Dans l’ombre d’un des types à oreillettes les plus puissants de France.










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