Depuis un nombre incalculable de parties de jambes en l’air, de fornications lascives et de baises à l’arraché, l’homo erectus se pose une question essentielle : comment faire pour s’en passer ? Comment parvenir à connaître ses trop rares moments d’extase - où tout semble aussi doux et suave que dans Bilitis - sans avoir pour cela à réinitier chaque fois ce processus coûteux (ciné, restau, taxi, préservatif) et éprouvant (pompes, abdos, vaso-contraction du rectum, main dans les cheveux) qui s’impose dès lors qu’on fréquente. L’usage de la main ou de l’index baladeur n’étant que d’un sinistre recours, la science se devait de trouver une solution rapide pour offrir à chacun - et sans efforts ! - son lot quotidien d’orgasmes à répétition. On dota dans la foulée le Prozac de quelques effets secondaires bien improbables (vagues de plaisir successives sur la ligne Porte de Vanves-Chatillon Montrouge) et les laboratoires de tous poils se mirent dare-dare au boulot, non sans rencontrer d’ailleurs un certain succès.
Orgasmotron
Stop ! A ce stade de l’article, il convient de préciser au lecteur qui souhaiterait abandonner son animal domestique et le (la) concubin(e) qui l’accompagne, que la science n’a (mal)heureusement pas trouvé le moyen de remplacer l’amour pour s’envoyer en l’air dans les meilleures conditions. L’association sexuelle qui préside aux chevauchées violentes du septième ciel a encore de beaux jours devant elle, et c’est plutôt une bonne chose. Mais la recherche - qui n’est jamais si en retard que ça sur l’actualité cinématographique - pourrait bel et bien trouver dans les prochaines années une concrétisation médicale à cette machine à plaisir automatique que Woody Allen appelait dans ses films l’Orgasmotron.
Simple effort de concentration
Aux Etats-Unis, plusieurs équipes médicales ont en effet observé les réactions physiques de ces femmes privilégiées qui, par un simple effort de concentration, peuvent atteindre plusieurs orgasmes successifs sans aucune forme de caresses ou de stimulation physique. "La vie sera alors aussi " bath " et sans intérêt qu’une soirée gigot devant MCM".
Processus orgasmique
Longtemps incomprise ou jalousée, cette forme affolante de jouissance en solitaire a permis de mettre en évidence deux découvertes très importantes pour la compréhension du : 1) Le plaisir, tel qu’on le définit, n’est pas l’unique résultante d’une stimulation des parties génitales, mais bien la conjugaison des informations envoyées par le sexe vers le cerveau et réciproquement. 2) Cet échange d’informations ne transite pas uniquement - comme on le croyait - par la moelle épinière mais par un vaisseau sanguin circulant de manière aléatoire dans le corps de chaque individu et baptisé par les chercheurs le " nerd Vagus ". Localiser chez chaque individu le circuit du nerd Vagus, ce serait donc pouvoir, à terme, agir physiquement ou chimiquement sur ce superéchangeur de l’information sexuelle et en court-circuiter les données.
Simple absorption d’un cachet
Imaginez que dans quelques années la simple absorption d’un cachet pourrait provoquer en quelques minutes un orgasme par le simple fait de son action locale sur certaines zones nerveuses. La vie sera alors aussi " bath " et sans intérêt qu’une soirée gigot devant MCM. Mais, au moins, l’amateur de branlettes savantes qui sommeille chacun de nous pourra s’épancher en solitaire sans craindre d’éveiller les soupçons de ses collègues de cantine.










Vos commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Vous aussi, déposez un commentaire, cliquez ici