Par exemple, Seb Janiak a débuté avec des photos de mode travaillées à l’ordinateur, pour Mugler notamment. Il a fait son entrée dans le monde du clip avec la vidéo très Blade Runner des NTM "Soul Soul". Depuis un an, il était revenu aux antiques instruments de papa. Le clip du groupe Sinclair, il l’a réalisé dans une laverie automatique pas virtuelle pour un sou avec une simple caméra montée sur un tambour de machine à laver. Le petit génie de la technique ne veut sans doute pas que son travail artistique soit occulté. Mais il revient à ses premières amours quand le sujet s’y prête.
Pour l’association des mutuelles françaises, Mutex, il replonge dans l’univers urbain, inquiétant et futuriste de "Soul Soul". A la différence qu’ici, il ne s’agit plus d’un décor pratiquement immobile dans lequel évoluent les artistes. Non, la caméra se déplace dans un ensemble en mouvement. Encore plus fort ! exit le tournage, il photographie, il colle, il peint à la palette graphique. Ensuite, l’ordinateur calcule, ou plutôt recompose, les mouvements de la caméra et de ce contexte totalement virtuel. L’utilisation d’une base photographique et les mouvements saccadés de la caméra permettent de donner à l’univers impitoyable des assureurs non mutualistes la patine du réel. Un spot de 15 secondes qui coûte quand même 1 million de francs. "La synthèse fine coûte cher, et avec un tournage il aurait coûté deux fois plus cher", explique Hervé Imbert.
La synthèse fine, ça pourrait être la définition du travail de Jean-Baptiste Mondino sur le dernier clip d’Alain Chamfort "L’ennemi dans la glace". Le chanteur, filmé en plan rapproché, devient sa femme qui devient le chanteur, qui devient… C’est du morphing, mais une sorte de morphing doux, ambiance chanteur de charme. On passe d’un visage à l’autre sans s’en rendre compte. Ce va-et-vient provoque chez le spectateur une sorte de malaise. Ca tombe bien, le texte parle de la difficulté de ne faire qu’un quand on est deux.
On retrouve le souci de finesse sur la campagne Kodak de ces derniers mois. Dans la suite de la saga des voleurs de couleurs, ces petits monstres rayés, qui sont à l’univers de la photo ce que le bibendum Michelin est à celui des accidentés de la route, on les retrouve au supermarché. L’image de synthèse est utilisée par petites touches. Dans le même esprit, les voleurs de couleurs prennent un aspect plus enfantin, plus humain, que dans les précédentes campagnes.
La démarche de Mondino ou de Janiak se situe aux antipodes de celle des créateurs d’Imagina. Les acteurs qui ne serons pas mis au chômage au profit de pixels non-intermittents du spectacle seront ravis de l’apprendre.
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BANDITS : LES VOLEURS DE COULEURS
“Aujourd’hui, tout le monde a accès à la technique et le côté artistique reprend le dessus”, dixit Hervé Imbert, chargé de production chez Bandits. Dans la boîte de production de Jean-Baptiste Mondino, le clipeur de Madonna ou de Jean-Paul Gaultier, l’image de synthèse, on connaît bien. Mais de là à en coller à toutes les sauces…
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