Johanna, pourquoi la peinture ?
La peinture, c’est mon essence, ma raison de vivre. Une peinture réaliste qui se dépasse. Le bleu de mon ciel est une interprétation : c’est mon bleu. Ma peinture exprime mes sentiments. Je suis une artiste figurative contemporaine qui mélange l’abstrait et le figuratif. Je pense être dans le courant artistique actuel.
Comment travailles-tu ?
J’aime bien préparer mes supports. C’est une astuce psychologique, c’est mon truc, je donne naissance à quelque chose. J’aime les couleurs ocres, les terres, le rouge et dessiner avec du fusain. Pour travailler, je dois me retirer dans ma baraque en Normandie. C’est très tranquille. J’ai besoin de solitude et de tranquillité. Je prépare deux expositions sur Paris, une sur les toits et les petites rues et une autre sur les scènes de bars, les reflets dans les miroirs, pour attraper différentes facettes des gens : les distorsions, les contorsions des figures, les expressions des mains.
Tes tableaux racontent des histoires ?
Oui, chaque paysage est une histoires qui fait voyager le spectateur, chaque tableau est une aventure. Je laisse toujours une part au rêve. Aujourd’hui, je nourris mes tableaux "d’essence pure", de vérités. Ca peut être de la poésie, Rielke par exemple.
Ou trouves-tu ta source d’inspiration ?
Il y a plusieurs ingrédients dans mon travail, ça peut-être un mot, une conversation, une image. C’est toujours différent. Je ne pense pas qu’il y ait une équation dans ma peinture. J’ai remarqué que je me recréais des saisons imaginaires pour rythmer mon travail. Il y a des saisons où il est impossible de travailler. J’ai plein de nuages dans ma tête et puis il y a l’été, le ciel est bleu, et je ne peux rien faire d’autre que peindre.
Quel regard portes-tu sur ta peinture ?
Il y a deux yeux chez le peintre : l’œil de l’extérieur et l’œil de l’intérieur. On peint avec l’œil de l’extérieur, mais c’est seulement quand on commence à voir avec l’œil de l’intérieur que le travail est bon. Il faut mettre le pied dans le tableau, c’est le jeu du conscient et du subconscient. C’est une sorte d’imagination éveillée dans laquelle j’ai la chance de faire le va-et-vient.
Et le spectateur dans l’affaire ?
Il ne faut pas peindre pour le spectateur. Je veux détruire pour reconstruire, c’est ce qui fait les chefs-d’œuvre.
Pourquoi as-tu choisi Paris pour ta vie d’artiste ?
J’avais envie de m’échapper de ma famille, d’une vie un peu trop confortable, j’avais besoin de recréer mon propre univers. Il y a tellement d’histoires à Paris.
Pour plus d’informations sur les peintures de Johanna. Tél : 40 47 60 34
"… Le sentiment que l’art vous appelle. Alors, prenez ce destin, portez-le avec son poids et sa grandeur sans jamais exiger une récompense qui pourrait venir du dehors car le créateur doit être tout un univers pour lui-même, tout trouver en lui-même et dans cette part de la nature à laquelle il s’est joint…"
Rainer Maria Rielke
Archives magazine
JOHANNA HALFORD : L’ESSENCE PARISIENNE
Formée aux Beaux-Arts de Londres puis de Wimbledon, Johanna Halford, jeune artiste écossaise, habite et travaille à Paris depuis presque sept ans. Son travail et sa vie sont rythmés d’incessants voyages en Espagne, en Italie, en Arizona, en Mexique. Des rencontres enrichissantes telles Edward Mc Kovoy, Joëlle Serves, Benjamin Long… Une dynamique de vie qui équilibre une peinture posée, savante, grâce d’huile et de poésie.
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